• Instagram Black Round

QUI SUIS-JE ?

Julia, 30 ans.

Parisienne expatriée à Genève.

Mariée depuis Juin 2015, happy Mom d'une petite Olive depuis Septembre 2016.

J'adore lire, Danse Avec Les Stars et traîner sur Pinterest.

Je déteste le yoga et le jambon.

POSTS RÉCENTS: 

February 26, 2019

Please reload

PAR CATÉGORIE: 

Please reload

Le baby-blues, ce gros bâtard

January 29, 2017

 

 

Et non, je ne suis pas tendre avec toi cher baby-blues mais il faut dire que tu l’as bien cherché. Notre petite altercation a beau dater d’il y a 4 mois maintenant, je n’oublierai jamais comme tu m’en as fait baver… Avec ton nom un peu cool & groovy et ta surmédiatisation, je pensais t’avoir bien cerné avant que tu ne me tombes dessus, tel une enclume sur la tête. Et oui, c’est l’effet que tu m’as fait… Car à ma grande surprise et pour mon plus grand malheur, tu n’as pas été comme « décrit dans les livres ». Pourtant j’avais lu tout plein de choses à ton sujet. J’avais lu que tu apparaissais 24 ou 48 heures après l’accouchement et disparaissais un ou deux jours après et donc que tu avais l’élégance de rester sur le seuil de la maternité et de ne pas te taper l’incruste à la maison. J’avais lu que tu étais causé par une angoisse des responsabilités, une peur de ne pas savoir faire ou de ne pas aimer « assez » son enfant. Bref, un vertige de la parentalité. Du coup, naïve que je suis, je m’étais préparée à tout ça et je m’attendais effectivement à pleurer à la maternité, en tenant une petite chose fragile dans mes bras, qui désormais ne pourrait compter que sur nous - les deux gros amateurs - pour la protéger.  

Sauf que, notre (pas si) petite chose est arrivée et j’ai découvert quelque chose de tout à fait différent et d'incroyable… L’instinct maternel ! En gros, l’instinct maternel, c’est une force complètement magique, enfouie en soi, qui fait que, sans jamais avoir été confrontée ou même passionnée par les bébés dans son entourage, quand on a le sien dans ses bras, bizarrement, on sait « comment faire ». Enfin, en réalité, on en a aucune idée, mais on se fait confiance et on adopte telle position ou telle attitude car on sent que c’est bien (ou disons pas si mal) pour son bambin.

Les heures, puis les jours sont passés et je me délectais dans mon rôle de jeune maman et me languissais d’être passée complètement aux travers de tes filets, vilain baby-blues….

 

Et puis, 3 jours après l’accouchement et la veille de mon retour à la maison, j’ai reçu le soir la visite de la gynéco qui m’avait suivi tout au long de ma grossesse qui venait dire bonjour mais aussi prendre des nouvelles du moral car selon ses estimations, nous devions être au moment charnière où les hormones foutent le camp (Ah bon, c’est plus juste après l’accouchement et si toujours rien à J+3, ça veut dire qu’on est intouchable… ?!). Je lui ai alors fait un grand sourire et répondu que « Oulala, pas du tout ! » S’il y a bien une chose que je ne ressentais pas à cet instant, c’était de la dépression !! « Parce que ce serait vraiment normal et rien de grave si c’était le cas » et qu’il ne faudrait surtout pas s’inquiéter, qu’elle m’a dit... Puis elle a quitté ma chambre, je suis restée sur mon lit quelques secondes. Et là, après 4 jours passés sur mon petit nuage, je me suis effondrée en sanglots comme jamais auparavant et de façon complètement incontrôlable…

 

Voilà, tu m’étais tombé dessus damn baby-blues ! Tu m’as assigné un coup mesquin et complètement inattendu qui m’a mis à terre pendant une quinzaine de jours… Bon, heureusement, tu n’as pas été présent en continu, tu faisais plutôt de l’intermittence et tu as eu la bonté de me laisser de longs moments de répit durant lesquels j’espérais, à chaque fois que tu avais pris tes cliques et tes claques et je ne te reverrais plus pour de bon. Mais il suffisait d’un petit rien, pour je sombre à nouveau… C’était toujours la même chose : je sentais les larmes me monter aux yeux et je savais que je ne pourrais rien y faire… Tel un détraqueur du monde des sorciers, tu te nourrissais de toute ma joie et répandais en moi idées noires et tristesse… Puis tu disparaissais, aussi vite que tu étais arrivé.

 

Le problème avec toi, baby-blues, c’est qu’en plus de m’avoir complètement sapé le moral pendant quinze jours, je ne parvenais ni à te dissimuler, ni à t’expliquer !

Heureusement, j’ai pu compter sur le soutien de mes proches : Sweety Pie d’abord, terrorisé à l’idée d’être le responsable de mon état alors qu’il a été extraordinaire durant toute cette période riche en émotions ; une amie en particulier que je pouvais juste appeler pour pleurer sans explication au son de ses paroles bienveillantes ; et puis ma mère enfin que j’ai carrément appelé à la rescousse quelques jours après notre retour à la maison… Maman justement, avait décidé que tu n’allais pas t’en tirer comme ça et qu’on allait te faire la peau mais pour ça, il fallait comprendre d’où tu venais. Et là, je dois dire que je sèche encore… Quand je repense à toi et à nos tête-à-têtes maudits, je me souviens ressentir une profonde nostalgie. Aussi fou que ça puisse paraître, j’étais nostalgique du jour de mon accouchement que j’envisageais comme l’apogée de ma vie, la belle plus journée que j’avais vécu jusque-là et qu'il me serait donné de vivre. Chaque jour qui passait m’éloignait davantage de ce moment de grâce et me faisait de plus en plus envisager mon accouchement comme un lointain souvenir et non plus une réalité dans le présent. Oui, je sais, cette explication paraît complètement ahurissante... Mais en y repensant, c’est bien cela que je ressentais et c’est bien ça qui me faisait m’effondrer en regardant une photo du jour de l’accouchement, en constatant que le (rikiki) pyjama de naissance d’Olive était déjà trop petit ou en arrivant à bout du paquet de couches fourni à la maternité. Bizarre, non ?

 

Alors écoute moi bien mon vieux, au cas où l’idée de re-frapper à ma porte lors d’une prochaine grossesse te traverserait l’esprit. Tu peux venir. J’ai plus peur. Car aussi pénible et douloureux que tu sois, j’ai compris que tu ne durais pas et qu’il arrive un jour ou on pleure en priant pour que ce soit la dernière et c’est bien la dernière… Les jours passent, on te guette, mais tu ne reviens plus. Alors, ciao, et au plaisir de ne pas te revoir de sitôt !

 

 

Please reload